Et pendant ce temps, nous continuons à respirer

125px-Furan-CRC-MW-3D-vdW 5ad6001c9d_tcddC’est l’été, avant la détente, reparlons des choses qui fâchent et préoccupent.

En mars nous apprenions par un courrier de la Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement, la DREAL, au préfet à propos de la société Trédi, que « le résultat de l’analyse en dioxines et furanes du prélèvement réalisé du 30 juillet au 21 août 2015 sur la cheminée de l’unité Salaise 3″ montrait que  » les émissions en dioxines et furanes ont dépassé 12 fois la valeur limite autorisée par l’arrêté ministériel du 20 septembre 2002. Sur la période suivante (21 août au 18 septembre 2015), un nouveau dépassement de la valeur limite d’émission en dioxines et furanes a été enregistré sur l’unité Salaise 3 avec une mesure égale à 0,185 ng/Nm3. »

L’association Vivre s’était fait le relai de cette information sur le blog vivreactu : https://vivreactu.wordpress.com/2016/03/02/tredi-ete-15-rejet-furane-et-doxine-12x-la-norme

L’association Sauvons Notre Futur après questionnement à l’entreprise Trédi avait déposé une plainte auprès de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) de l’Isère. Argumentaire très clair, texte de la plainte de l’association, et la réponse de l’État son lisible sur le site de l’association : http://www.sauvons-notre-futur.com/2016/05/plainte-deposee-contre-le-site-tredi-de-salaise-sur-sanne-isere.html

Cette démarche est possible à tout individu ou organisation constatant un phénomène de pollution. Le « Formulaire de réclamation à l’encontre du fonctionnement d’une ou de plusieurs installations classées industrielles ou agricoles » est disponible en suivant ce lien, il est à envoyer à la Direction Départementale de la Protection des Populations, Service protection de l’environnement CS 6, 38028 Grenoble Cedex1. Si vous l’utilisez, merci de nous en informer.

Les explications des mécanismes de prélèvement, l’assurance donnée par l’entreprise lors du contrôle suivant, que cela ne s’est pas reproduit ne peut en effet occulter l’existence de ses rejets massifs dans l’air que nous respirons tous. C’est la notre santé qui est en jeu.

Nous avons d’avantage d’information pour 2013 et 2014 sur des dysfonctionnements de l’entreprise, que pour l’année dernière, en voici parmi d’autres.
En 2013, pour ce qui nous est communiqué, les rejets dans l’air sont de plus de 2 milliards de m3 de gaz, contenant des quantités impressionnantes* de Chlorure d’hydrogène, dioxyde de souffre, poussières, Monoxyde de carbone, Composés Organiques Volatils Totaux, Acide fluorhydrique, Oxyde d’azote, Dioxyde de carbone, métaux toxiques dont du mercure.
Il faut tenir compte la même année 2013, de 188 « déclenchements ou dysfonctionnements » dus à des problèmes techniques. TREDI est autorisé à déclencher ou dysfonctionner 60 heures par an pour les quatre incinérateurs afin de préserver ses installations. Les gaz toxiques sont alors rejetés directement dans l’atmosphère par l’ouverture de bypass sans passer par les systèmes de filtration et de mesure. (déclenchements enregistrés et déclarés lorsqu’ils durent plus d’une demi-heure, sinon non surveillés ni comptabilisés)
Dans l’eau du Rhône, sont rejetés** : des matières en suspension, des Fluorures, du carbone organique total, des hydrocarbures, de l’arsenic, du cadmium, cuivre, chrome6, nickel, plomb, thallium, zinc et du mercure. Pour ce dernier, le rejet au Rhône du 22 juin a été de 125 fois la limite maximale autorisée.

En 2014, le taux de mercure dans les rejets aqueux est sur deux jours à 60 fois et 143 fois la valeur limite d’émission autorisée. Même irrespect des normes pour les rejets de fluorure dans le Rhône.
En 2014 avant l’été, nous devons à la pression populaire et des associations environnementales que les déchets hautement toxiques de HCB (Hexachlorobenzène, un POP (polluant organique persistant) australien d’Orica ne soient pas transportés jusqu’ici et traités par Trédi.
Par contre, les déchets dangereux en provenance d’Ukraine n’étaient pas ceux qui étaient attendus et la Préfecture a dû prendre un arrêté d’urgence pour suspendre l’autorisation d’importation, et traiter ce qui ne pouvait être renvoyé pour cause de dangerosité.

De nouvelles installations de Trédi vont permettre de récupérer davantage de déchets dans les déchetteries. De nouvelles installations pour un procédé qui a démontré qu’il était largement dépassé, puisqu’il réduit les déchets sans les faire disparaître, est gros producteur de nuisances environnementales et sanitaires.

L’actualité pour les vigilants de l’environnement et la santé se complexifie. La Commission Locale d’Information et de Surveillance (CLIS) de Trédi, qui n’était déjà pas satisfaisante, n’existe plus parce que l’entreprise est inclue dans une Commission de Suivi de Site (CSS). Celle ci compte 12 entreprises dont de nombreuses classées Seveso : Adisseo France, Roussillon et St Clair du Rhône ; Engrais Sud Vienne, Salaise sur Sanne ; Novapex, de Salaise sur Sanne ; Rhodia Opérations, Roussillon ; Bluestar Silicones, Salaise sur Sanne, Rubis Terminal, Salaise sur Sanne ; Tourmaline, St Clair du Rhône ; Géodis BM Chimie/ HLOG, de Salaise sur Sanne ; Osiris, Roussillon ; Trédi, Salaise sur Sanne ; Sita Rekem, Roussillon ; Hexcel, Roussillon.
Difficile d’avoir des info précises quand on est si nombreux à table. Difficile aussi parce que lors de la première réunion nous apprenions que « l’état d’urgence » justifiait la confidentialité des informations sur les fonctionnements des installations classées.

Ce que nous pouvons retenir de cela avant l’été : soyons vigilants, affirmons que nous ne tolérons pas la pollution, que les MTD (Meilleures Techniques Disponibles) doivent être utilisées sans condition par toutes les entreprises.
Affirmons que nous voulons des données chiffrées et des contrôles stricts des rejets des autres incinérateurs de notre secteur, Sita Rekem et Guy Dauphin Environnement (GDE).

Nous n’oublions pas notre part de responsabilité dans la production des déchets qu’il faut détruire, et qui sont ici incinérés, ces déchets qui font l’objet de marchés juteux et causent des rejets qui nous empoisonnent, c’est une question de choix de société, nous en reparlerons.

Vivre, le 5 juillet 2016

* En 2013, les rejets dans l’air sont de plus de 2 milliards de m3 de gaz, contenant près de 2 tonnes d’HCL(Chlorure d’hydrogène), près de 35 tonnes de SO2 (dioxyde de souffre), plus de 3 tonnes de poussières, près de 20 tonnes de CO (Monoxyde de carbone), plus de 1,5 tonne de COVT (Composés Organiques Volatils Totaux), plus de 400 kilos de HF (Acide fluorhydrique) et près de 200 tonnes de NOx (Oxyde d’azote), plus de 200 Kg de métaux toxiques dont des dizaines de kilos de mercure, plus de 200 000 tonnes de CO2 (Dioxyde de carbone) par an.

** Rejets 2013 dans l’eau du Rhône : plus de 3 tonnes de matières en suspension, plus de 12 tonnes de Fluorures, près de 5 tonnes de COT (carbone organique total), plus de 200 kgs de HC (Hydrocarbures), plus de 40 Kgs d’Arsenic, du Cadmium, du Cuivre, du Chrome6, du Nickel, plus de du Plomb, du Thallium, du Zinc et près de 50 Kg de mercure dans l’eau du Rhône.

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